GUILLAUME STOCQ

CONSTRUCTION D'UN IMMEUBLE A APPARTEMENTS ET RENOVATION D'UNE MAISON EN INTERIEUR D'ÎLOT / 750 m2

HISTOIRE

La rue Guillaume Stocq, tracée en 1873, présente un bâti principalement résidentiel et plutôt homogène datant du début du XXème siècle. Quelques commerces et ateliers de tailleur de pierre, menuisiers, ébénistes y étaient également implantés, généralement à l'arrière d'une maison à front de rue. Ce fut notamment le cas du numéro 36 où fut un temps installé Edmond Uylembrouck, «commerçant en pierres» pour bâtiments et monuments funéraires.

L’inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale fait mention d’une maison à front de rue dont il ne reste pas de trace aujourd’hui.

Les renseignements urbanistiques attestent de permis délivrés pour une maison de derrière (1902) et une écurie (1911) qui existent encore aujourd’hui, et de quelques travaux plus modestes (transformation des murs de clôture et de l’annexe, construction d’un hangar). Un permis délivré pour « surélever l’immeuble » (1935) laisse à supposer qu’il s’agissait de travaux de surélévation pour la maison de derrière.

Les photographies aériennes (©Bruciel) permettent d’identifier que le bâti de la parcelle n’a que très peu ou pas évolué depuis au moins 1953. Les photographies datant de 30-35 et 44 ne permettent pas d’identifier clairement le bâti de la parcelle.

SITUATION EXISTANTE

La situation existante comprend aujourd’hui 3 types d'éléments construits.

On trouve en front de parcelle (sur rue) des bâtis légers à RdC non qualitatifs : appentis en bois et hangar ouvert, toitures légères en tôle ondulée.

En milieu de parcelle, un petit bâti en briques blanches et volets verts constitue l’ancienne écurie. A l’intérieur, quelques voutes en briques constituent le plancher d’un petit niveau supérieur d’1.5m de haut.

L’ancien propriétaire nous a laissé quelques histoires sur son activité : vendeur de lait, il utilisait ses chevaux pour distribuer les bidons en fer blanc dans le quartier. Ses chevaux étaient abrités dans l’écurie, et le foin pour les nourrir était stocké dans le petit niveau supérieur.

En fond de parcelle se trouve la maison unifamiliale avec ses annexes construites postérieurement.

La maison arrière présente une organisation caractéristique d’époque, avec les sanitaires placés à l’extérieur de la maison et donnant sur la cour, et des poêles à bois pour chauffer chaque pièce. Les caves présentent de belles pièces en pierre bleue témoignant de l’activité.

Sur l’espace public, le rond-point actuel est en cours de réaménagement. Réaménagé en vraie place publique plus qualitative et au profit du piéton, le projet prévoit la préservation et la mise en valeur du pin centrale caractérisant les lieux, l’élargissement des trottoirs, la création d’une place piétonne centrale et des plantations d’arbres. Depuis la place, le numéro 36 constitue la seule dent creuse au milieu d’un ensemble bâti relativement homogène et fait apparaitre les pignons mitoyens aveugles (n°34 et n°38) qui n’apportent rien à la nouvelle place.

SITUATION PROJETEE

Le projet prévoit un programme de logements mixtes avec la construction d'un petit immeuble de 4 logements à R+4+T en front de rue, ainsi que la réhabilitation de la maison unifamiliale en fond de parcelle.

Les éléments existants en front et milieu de parcelle sont démolis, au profit de l'aménagement au centre de la parcelle d'un jardin collectif destiné aux occupants du petit immeuble sur rue et d'un jardin privé pour la maison unifamiliale. Ces espaces verts extérieurs en pleine terre permettent d'une part une réelle amélioration de la qualité de vie des logements créés, mais également de contrebalancer la densification de la parcelle en retrouvant une respiration verte au cœur de la parcelle et en créant une vraie distance entre le petit immeuble sur rue et la maison unifamiliale.

Le petit immeuble neuf en front de rue vient « combler » la dent creuse pour retrouver l’alignement aux façades voisines. L'immeuble mitoyen de gauche étant plus haut que l'immeuble mitoyen de droite, nous proposons de lier et d’adoucir cette différence de hauteur avec une forme architecturale de toiture en pente.

Avec un rez-de-chaussée dédié à la circulation, aux communs et à un petit commerce de quartier à rue, l’activité au niveau piéton est pensée en interaction avec la place. La grille d’entrée de l’immeuble et dans son prolongement un accès direct au jardin en cœur de parcelle permet de conserver une percée visuelle sur l’espace vert privé. Ainsi, dans le prolongement de l’espace public et en transition vers une sphère plus privée, le jardin commun est proposé comme lieux d’échange social. En retour, la vie de l’espace public est valorisée par l’occupation des nouveaux logements et par l’activité commerciale du rez-de-chaussée.

Le local vélos et poussettes jouxtant la circulation vers l’arrière est un dispositif permettant la privatisation de son rangement vélo (sécurité) tout en mutualisant éventuellement le matériel de réparation par exemple. Le local poubelle et de nettoyage viennent compléter les fonctions de services.

Les distributions verticale et horizontales des logements sont réduites à leur minimum et placées au centre du plan pour libérer les façades au profit des pièces de vie des logements.

Les appartements sont tous accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Les appartements sont tous traversants avec les espaces jour/nuits séparés par l’entrée et les espaces fonctionnels (salle de bain, WC, cuisine etc…).

Les chambres sont situées sur la façade nord, plus calme, qui donne sur le jardin commun en intérieur de parcelle, tandis que la pièce de vie principale est située sur la façade sud, dont l’orientation garanti un apport maximum de lumière naturelle. L’espace dégagé de la place devant l’immeuble permettent d’offrir aux logements des vues ouvertes depuis l’intérieur de l’habitat tout en évitant toutes nuisances de vis-à-vis. En plus du jardin commun, chaque appartement dispose d’un espace extérieur privé accessibles par de larges baies ouvrantes permettant d’agrandir l’espace de vie principal sur un espace extérieur pendant la belle saison.

Pour répondre au désir du futur propriétaire du duplex au dernier étage, la toiture arrière est prévue en toiture verte intensive pour donner la possibilité de planter généreusement et rejoindre ainsi une envie pressante d’une jungle à essence locale.

Le traitement de la toiture en double hauteur est une réinterprétation du RRU et demande une dérogation de minime importance (voir schéma). Le geste crée un « fenêtre » sur la place en réponse à ses attraits qualitatifs. Un échange visuel et des jeux de lumière du soir participeront à l’animation et à la cohésion sociale des lieux.

Le respect de la PEB passe par l’installation de panneaux photovoltaïques, une étude est en cours pour favoriser l’autoconsommation de la production électrique. Une récupération de l’eau de pluie est prévue au niveau des caves de la maison unifamiliale

Les porteurs de projet ont la claire intention d’acquérir un appartement chacun pour y vivre.